Cyprès bois de chauffage : bon marché, mais à une condition

cypres bois de chauffage

Le cyprès brûle sans problème en cheminée ou au poêle. Son pouvoir calorifique se situe entre 1 600 et 1 800 kWh par stère (source : menuiserie-guibert.fr), là où le chêne dépasse les 2 000 kWh par stère. L’écart est de l’ordre de 15 à 20 % — un déficit réel, mais pas rédhibitoire si le bois vous coûte peu ou rien. La seule condition non négociable : qu’il soit sec. Un cyprès vert mis directement au feu encrasse le conduit, pollue et dégage peu de chaleur.

18 à 24 mois de séchage, sans raccourci

Coupé vert, le cyprès peut afficher un taux d’humidité supérieur à 50 %. Pour descendre sous les 20 % requis pour une combustion correcte, il faut compter 18 à 24 mois dans de bonnes conditions : bûches fendues, stockées à l’abri de la pluie, avec une circulation d’air suffisante (source : chantierboost.fr).

Le fendage est le premier geste à faire, le plus tôt possible après la coupe. Une bûche non fendue met deux à trois fois plus longtemps à sécher qu’une bûche fendue (source : tekimport.fr). Concrètement, si vous stockez des rondins entiers aujourd’hui, vous repoussez d’autant la date d’utilisation.

Dans les régions méditerranéennes aux étés chauds et ventés, le délai peut descendre à 12-15 mois pour des bûches fendues correctement exposées. Ailleurs en France, mieux vaut tabler sur 24 mois.

Le seuil des 20 % d’humidité a des effets concrets mesurés par l’ADEME : un bois sec à ce niveau permet de réduire la consommation de 20 % et de diviser par deux les émissions de polluants, par rapport à un bois humide.

Quand le prix change tout

Le prix moyen du bois de chauffage en 2025 se situe entre 89 et 115 €/stère toutes essences confondues (lecrusole.fr). Le cyprès, lui, se négocie entre 30 et 60 €/stère entre particuliers, et tombe parfois sous 30 €/stère dans le Sud-Est et le Languedoc après élagage. C’est là que réside l’intérêt de l’essence : pas dans sa densité énergétique, mais dans son prix.

Prenons des chiffres issus de la recherche pour illustrer l’écart. Un stère de chêne à 100 €/stère (dans la fourchette de marché) produit plus de 2 000 kWh. Un stère de cyprès à 30 €/stère en produit 1 600 à 1 800 kWh. Soit un coût par kWh environ deux fois plus faible avec le cyprès au prix bas — même en tenant compte du rendement inférieur. Si votre cyprès vient d’un élagage gratuit, le calcul est encore plus favorable.

Si vous êtes loin des régions de forte production de cyprès, la donne change. Le bois sera moins disponible, le prix moins bas, et la logique économique moins évidente.

Une utilisation que le cyprès sec tolère bien : l’allumage. Sa résine facilite la prise de feu, ce qui en fait un complément utile pour démarrer rapidement, même si ses performances en chauffage de fond restent en retrait.


Deux questions suffisent pour trancher : votre cyprès a-t-il déjà séché 18 à 24 mois sous forme de bûches fendues, ou pouvez-vous attendre ce délai avant de le brûler ? Et l’avez-vous obtenu gratuitement ou à un prix nettement inférieur au marché ? Si les deux réponses sont oui, le cyprès a sa place dans votre âtre.